Field Of Reeds - These New Puritans

Field Of Reeds

Retour sur Hidden. Après leur tout premier album, les Anglais n'ont plus rien à prouver. L'album est bon, mais sans plus. Mais quand Hidden sort, c'est la stupeur. These New Puritans montre au monde entier que Southend-And-Sea n'est peut-être pas si perdu que ça. Pour se donner une contenance, les journaux parlent d'un événement passager. Les Jurés réclament une peine avec sursis. 

Mais le 10 Juin 2013, These New Puritans récidive. Et cette fois, c'est bien plus grave. On surprend les musiciens à utiliser un faucon pour faire de la musique. Un faucon, putain ! On parle maintenant de crime avec préméditation. L'asile est recommandé.

Fiche Technique

  • These New Puritans :
  • Jack Barnett : Chants, Piano électrique, Orgues, Guitare Basse, Vibraphone, Gongs, Percussion, Magnetic Resonator Piano, Design Son, Enregistrements
  • George Barnett : Batterie, Percussions.
  • Thomas Hein : Guitare Basse, Toms.
  • Musiciens Additionnels :
    • Elisa Rodrigues : Chants.
    • Adrian Peacock : Baryton (basse). 
    • Elizabeth Turner : Arrangement des voix.
    • Nicholas Ellis : Clarinette
    •  Henry Lowther : Cor, Trompette
    • Lindsay Kempley : Cor.
    • Daniel West : Trombone.
    • Pete Smith : Tuba.
    • Elizabeth Hanson : Violoncelle.
    • Chris Laurence : Alto.
    • Toby Kearney : Vibraphone.
    • Faith Leadbetter : Piano, Piano Electrique.
  • Orchestre Stargaze :
    • Andre de Ridder : Chef d'Orchestre.
    • Nikolaus Neuser : Trompette, Cor.
    • Matthias Gödeker : Cor I.
    • Stefan Most : Cor II.
    • Florian Juncker : Trombone Tenor.
    • Till Krause : Trombone Basse.
    • Sebastian Kunzke : Tuba.
    • Paul Valikoski : Violon I.
    •  Daniella Strasfogel : Violon II.
    • Justin Caullet : Alto.
    • Zoe Cartier ; Violoncelle.
    • Kristjan Orii Sigereifsson : Contrebasse.
  • Choeur :
    • Micaela Hasiam : Chef de Choeur, Soprano.
    • Julia Wislon-James : Soprano.
    • Heather Cairncross : Alto.
    • Rachel Weston : Alto.
    • Phillip Brown : Tenor.
    • Andrew Busher : Tenor.
  • Enfants de Choeur du St Mary's Church of England Primary School
    • Charlie Dyer.
    • Daisy Farthing.
    • Maddie Farthing.
    • Amber Motti.
    • James Norris.
    • Jacon Scotford.
    • Bethany Scriven.
  • Autres :
    • Ben McLusky : Organiste Additionel.
    • Andrew McPherson : Réglage et calibrage du Magnetic Resonator Piano.
    • Shiloh : Faucon.
    • Alan Vaughan : Fauconnier.
    • Roy at TGM Glazing : Vitrier.
    • Stool Trinovante : Saxocone.
  • Production :
    • Graham Paul Sutton : Producteur.
    • Jack Barnett : Producteur.
    • Phill Brown : Ingénieur du son (Orchestre).
    • Ben McClusky : Ingénieur du Son Adjoint.
    • Christian Bader ; Ingénieur du Son Adjoint.
    • Campbell Duncan : Ingénieur du Son Adjoint.
    • Geoff Swan : Ingénieur du Son Adjoint.
    • Mark "Spike" Stent : Mixage.
    • Stuart Hawkes : Enregistrement.
  • Design :
    • George Barnett : Artwork, Photographies.
    •  Matthew Cooper : Artwork.
    • Paul Steet : Artwork Assistant.
    • Jack Barnett : Dessins.
    • Willy Vanderperre : Photographe du Groupe.

D'après These New Puritans, Field Of Reeds (2013).

Critique

The Way I Do

Tout commence par deux accords dissonants dans un silence complet, qui rappelle la méditation d'une cathédrale. Mais sans doute pas une cathédrale catholique ou je ne sais quoi d'autre. Non, le silence d'une cathédrale de glace païenne. Profane. Puis, on entend surgir une voix, perdue dans un brouillard sonore froid, fragile et mystique. Et les claviers font place aux cuivres, dont le son velouté est d'une beauté absolue. Puis, d'autres éléments apparaissent, pour faire augmenter l'intensité du morceau. Mais enfin, tout s'arrête, sans qu'on le veuille vraiment, tant l'ambiance quasi monacale de ce premier titre est plaisante. L'orchestration est déjà formidable. En effet, au fur et à mesure que le titre avance dans son génie, des éléments apparaissent, et tous apportent quelque chose. Ils ne sont pas audibles les premières fois mais apparaissent au fur et à mesure des écoutes. Dès le premier titre, on comprend toute la force de l'album : la richesse sonore et instrumentale.

Fragment Two

On ne voulait pas quitter The Way I Do. Heureusement que nous l'avons fait tant Fragment Two est un choc. Un choc et une révélation. Mais d'abord, il est important, je pense, d'expliquer le schéma narratif du titre. Les Nouveaux Puritains commencent avec un thème à tomber par terre. Au sens propre. La limpidité de la mélodie est merveilleuse. Elle tient en 5 notes, la b, do, si b, ré, mi b. Mais comme si un thème ne suffisait pas, Jack Barnnett sort de son cerveau complétement cramé par les essais psychomaniaques de la recherche expérimentale, un autre thème, tout aussi simple et limpide : la, si, do, ré, mi, sol, la. Facile.  En musique, le génie consiste à trouver ce que personne n'avait imaginé. Dans ce domaine, les Puritans sont les meilleurs actuellement. Le Thème (avec un grand T) est enrichi au fur et à mesure par d'autres éléments, comme vu auparavant avec The Way I Do, mais de façon beaucoup plus nette cette fois. Fragment Two a un réel désir de faire du (beau) son, et y parvient, puisqu'à la fin de ce chef d'oeuvre, une forte densité d'instruments et de voix sera présente, et qui, par conséquent, entraînera donc une force sonique considérable. Cette densité alternera toujours avec cette sorte de son silencieux, ce son si particulier, si subtil et raffiné, qu'il en devient inscrit hors du temps. Pour se faire, les Puritans se donnent les moyens nécéssaires : à l'instar des classiques pianos, ou autre basse, Jack Barnett, l'architecte de l'album, fait appel à un large échantillon d'instruments ou de sons synthétiques créés à partir de la matière premiere du néant. Des cordes aux cuivres, en passant par une variété luxuriante de percussions, le groupe crée un son que personne d'autre au monde ne peut égaler. Un son, qui dépasse même le cadre des musiques indépendantes et d'avant garde. En soi, un petit pas pour l'homme: mais un grand pas pour l'humanité. Autre point sur lequel appuyer, je pense, les paroles et leur mise en voix par le savant fou Jack Barnett et son acloyte chanteuse de fado portugaise Elisa Rodrigues. Dignes de certains grands auteurs d'un point de vue ésotérique et mystérieux, elles font évoquer à l'auditeur tout un arsenal d'idées et d'émotions, qui, mises bout à bout, tracent les contours d'un délire intégral. De plus, la voix du jumeau Barnett est parfaite pour cela : ni trop juste, ni fausse; tout sauf lisse et légérement tendue; marmonnée mais compréhensible, parfois complétement libre et deboussolée, elle est complétée magnifiquement la chanteuse portugaise, dont la voix respire déjà plus la pureté. Comment réagir en entendant pour la première fois : "In between the ring notes where the stars are hiding/In the way, till another moon wakes/There is something there" ? De la poésie délirante, on vous dit. Et voilà maintenant où réside le choc et la révélation. Si certains groupes se cassent la tête de façon inutile pour essayer de montrer à tout le monde qu'ils sont les plus ingénieux, d'autres décident d'utiliser l'essence même de la musique, pour la faire évoluer, et pour la transformer, comme un alchimistre transforme le plomb en or, et pour prouver à tout le monde qu'ils sont les plus géniaux. These New Puritans surpasse même cette deuxième catégorie, car eux, montrent enfin que faire de la musique ne ne tient qu'en 7 notes, 12 si l'on compte les altérations, et que cela marche de la plus belle des manières. TNPS ne cherche pas la difficulté, il cherche la beauté, la magnificence grandiose. Merci.

The Light In Your Name

On avait quitté Fragment Two dans un silence relatif. On rencontre The Light In Your Name dans ce même lumineux silence flottant, très présent et consacré par un bourdon au violon. La voix de Barnett, et pour résoudre la tension, une simple note électronique, très aigüe qui résout le dilemme de la plus belle des manière. Je ne recommencerai pas mon exposé, mais je rappelle que c'est que se trouve le génie de TNPS : une note, une idée, et pas 281 notes pour une idée (stupide de surcoît le plus souvent). Les paroles sont de nouveau fantastiques et évocactrices, dans une sorte de mélange d'impressionisme et d'expressionisme. Mais alors que d'autres musiciens se seraient enterrés et complus dans leur ambiance évocatrice, les Puritans ont toujours ce désir d'innover. Cette fois-ci, ils le font de la plus belle des manière : après quelques battements de temps par un son venu d'une cinquième dimension, la musique s'emballe à la faveur des ondulations gracieuses des cordes et de l'insistance prophétique, et invocatrice cette fois, de Jack Barnett. Après un retour à la première situation, TNPS concrétise leur titre par une reprise de la phase 2, avec une intensité grandiose, emmenée par des percussions dignes de Hidden et des cuivres aux accents épiques. La fin ? Du verre qui casse. Je me permets de penser qu'avant d'avoir trouvé le son parfait pour cet éclat de verre, Jack Barnett a du en casse beaucoup. Folie minutieuse et maniaque.

V (Island Song)

Un début assez semblable aux titres précédents même si l'on sent déjà que le titre risquera de s'enflammer plus qu'à la coutumée. Les dissonances et die Stimmung sont là. Jack Barnett aussi. Puis, c'est la construction de ce qui est le deuxième meilleur titre de l'album et donc de l'année. Et en effet, le morceau utilise une montée saisissante dans l'intensité pour arriver au but tant recherché, à savoir, une folie sonique (littéralement). Sur ce titre, les sons synthétiques sont bien plus présents, et notamment des glissendos rapides, semblables à ceux d'un excellent DJ, au milieu du thème principal, thème qui, à chaque passage, est enrichie d'un élément supplémentaire, et qui pousse la saturation cérébrale à un stade de non-retour. La voix de Jack Barnett, presque insolente, voire provocatrice, est perdue au mileu de ce feu de forêt intolérable et intolérant. Tout est en mouvement, animé par une même brise. Les flammes sont ingérables dans leur discipline, obscures dans leur idéalisme halluciné. "I'm the woodfire, not the broken, not the crawned". Puis tout cela se calme. Un schéma assez similaire à celui de celui de We Want War sur celui sur Hidden, à savoir une montée progressive, un stade de non retour, puis un état de post destrucion, où tout est reconstruit. Ici, cete reconstrcution est éxécutée de la plus belle façon, avec, cette continuité dans la mainmise des sons électriques, des percussions, et de la voix complétement perdue de Jack Barnett, cherchant en vain une solution à l'énigme métaphysique qui s'offre à lui, et qui est peut-être le seul à s'être sorti de ce feu de bois moins fou qu'il ne l'était au départ. Tout se conclut de lui-même, de façon naturelle et mélodieuse.

Spiral

Il était une fois les cuivres. Exposés ici sous la forme d'un bourdon des plus graves, ils plongent directement l'auditeur dans une nouvelle ambiance, constituée d'un mélange de calme et de nervosité. Les voix incantent toujours le même thème, mais ce n'est pas gênant, tant l'ambiance est plaisante. Puis, on entend clairement la voix de Elisa Rodrigues pour la première fois de l'album, claire, nette et précise, elle complète parfaitement celle plus érailée de Jack. Dans ce titre, et à l'image de l'album, tout est une question de translation, de mutation. L'ingéniosité, c'est avant tout, la science de la transmutation de la musique. Enfin, le titre ne connaitra pas d'apogée. Il préferera dicter son sort lui-même. Après tout, tout le monde avait bien besoin de repos après des titres comme Fragment Two et V (Island Song). Un titre de transition exceptionnel, puisque il confirme la richesse sonore de l'album et fait perdurer l'ambiance flottante instaurée depuis le début. Field Of Reeds est une histoire. Les titres, écoutés seuls, n'ont pas le même intéret que lorsqu'ils sont écoutés à la suite des uns des autres. Ils se complètent, se suivent, et apportent chacun quelque chose à la continuité magistrale de l'album.

Organ Eternal

La consécration des sons synthétiques. Fabuleux. Fantasmagorique. Ce thème l'est de nouveau. Que dire ? Que faire devant une telle maîtrise ? Que penser une telle recherche de beauté ? A choisir entre le silence d'or et la parole d'argent, je prendrai cette fois la parole. Encore une fois, le titre est comme soumis à un schéma, mais comme à chaque fois, il s'en sert pour s'en libérer. Ici, le titre répond à deux parties. D'abord, le thème occupe une place très importante, constitué d'un nombre impressionant de notes et ornementé de plus en plus à chaque passage d'un nombre croissant de garnitures au vibraphone, de sons électroniques ou non-identifiables, et accompagné de rythmes de percussions parfaits. Entre ses différentes présentations, des sortes d'interludes sont exposées au public, qui sont des occasions pour Barnett de présenter ses textes, toujours aussi intéressants, et de consacrer encore plus les instruments "classiques" à un rôle capital en musique experimentale et d'avant garde. La deuxième partie est beaucoup plus silencieuse, électroniques et moins instrumentales, plus lointaine, plus distante, même si le thème est toujours présent, même si paradoxalement moins "riche". C'est donc tout naturellement que le titre s'éteint de lui-même, comme une bougie fatiguée.

Nothing Else But This

Le titre commence avec une étonnante ambiance inquiétante. Le solo au vent est presque trop seul, le silence est trop oppressant. Mais tout cela est balayé très rapidement par des éléments caractérisiques de la musique TNPS, à savoir des dissonances, qui, jouées les unes après les autres, donnent une impression de plaisante melodie désacordée. Sur ce titre, la fusion entre les voix de Jack Barnett et d'Elisa Rodrigues est très intéressante. Alors que Jack Barnett se contente du strict minimum, celle de la portugaise ondule élégamment autour du point d'ancrage qu'est Jack Barnett et apporte un côté parfois semblable au "jazz". Au fur et à mesure que le titre avance, on se rend compte que certains passages sont sans aucun doute issus de la musique classique. Ce titre est sans doute le symbole du retour aux sons réels, en opposition aux deux morceaux précédents, plus centrés sur les sons éléctroniques, même si ces derniers ne disparaissent pas complètement, et restent très bien utilisés. Un titre assez similaire à Spiral dans le rôle de transition, même s'il ne faut pas limiter ces titres à un simple de rôle de figuration. Au contraire, les morceaux de transition occupent chez TNPS un rôle capital. Sans eux, les titres "plus ambitieux" n'auraient pas lieu d'être, trop surpris par leur propre grandeur.

Dream

Encore un bel exemple de la qualité du chant de Elisa Rodrigues, qui n'a sans doute pas été choisie pour rien par ses compères chez These New Puritans. En effet, son accent et ses intonations apportent réellement un plus, par rapport aux éléments musicaux purement caractéristiques des anglais. ici, ce sont les éternels dissonances qui rappellent à l'auditeur l'identité du groupe qu'il écoute, des sons, qui pris, séparément, n'ont aucun rapport entre eux, mais qui, ajoutés les uns aux autres, définissent le portait d'une musique extrêmement intelligente et personnelle, comme les pixels d'une image, qui pris indviduellement n'apportent rien de plus à l'image qu'ils forment déjà. On ne peut pas oublier non plus cette sorte d'hommage désabusé à la musique classique à la fin de Dream, qui semble rappeler que, sans Mozart, Beethoven, Bach et surtout Stravinsky, le jazz n'aurait jamais existé, et qu'il n'aurait jamais donné naissance au rock, et ainsi de suite.

Field Of Reeds

On finit enfin sur une entrée en matière des plus grandioses : une sorte de prière magistrale d'un choeur sectaire sur lequel vient se greffer la voix de Jack Barnett, qui apparaît soudain inoffensive et assez enfantine devant la puissance sonore de ce choeur de voix d'homme. Puis s'installe le silence. Passé le pont, les fantômes viennent à notre rencontre. Jack Barnett says "yes" et le choeur revient dans le jeu, comme si cette simple syllabe avait inévitablement ramené à la vie ces hommes de pierre, impassibles dans leurs incations métaphysiques. Les sons électroniques sont très présents, et, accompagnés toujours par le choeur, même s'il se fait plus discret, comme dompté par la musique géniale en tout point, raffinée et luxuriante de détails, de petites choses qui ajoutent une autre dimension aux simples thèmes. Enfin, on transpose de nouveau le thème pour en créer un nouveau, comme satisfait, reposé, et prêt à s'éteindre tranquillement et sans résistance après avoir fini de raconter la formidable et passionante histoire de cet album parfait, qui aura su imposer dans un paysage musical parfois très aride une richesse sonore que peu d'artistes ont égalé dans l'histoire.

Mention Live

J'ai eu la chance de voir les Puritans en concert, à Paris, au Café de la Danse, le 17 Juin 2013. Dans une salle surchauffée mais possédant une ambiance vraiment sympa, le groupe s'était présenté - composé évidemment par le quatuor de base, à savoir Elisa Rodrigues, Jack et George Barnett, et Thomas Hein, mais aussi de quelques musiciens additionels (clavier, vent, bois, et cordes) - dans tout le paroxysme artistique dont il a fait preuve sur l'album. Si on se rend rapidement compte que la pièce angulaire du système est bel et bien Jack Barnett, sur lequel se posent tous les regards, ceux du public et ceux du groupe (Elisa Rodrigues était complètement fascinée) grâce à une présence centrale complètement possédée (mouvements saccadés ou assez longs, fausse immobilité), on comprend aussi que sans n'importe quel instrument, le rendu ne serait pas aussi bon. 

En revanche, il est important de souligner le fait que le live n'apporte pratiquement rien à l'album, mais cela n'est pas étonnant, tant la richesse intitiale est importante. Au contraire, il est impressionant qu'on retrouve tant d'éléments en live. Certaines ambiances étaient superbes d'évocations sentimentales et émotionelles.

Les Puritains ont joué tous les titres de l'album de la plus belle des manière, mais aussi Attack Music, We Want War et Three Thousand. A noter que Elisa Rodrigues s'est à chaque fois retirée de scène pendant les morceaux dans lesquelles elles n'avaient rien à faire, comme pour montrer son détachement par rapport aux albums précédents. Les versions de We Want War et Three Thousand ont été remarquables et le public parisien était conquis par tant de talent.

J'ai eu la chance de brièvement les recontrer à la fin du concert. Ils avaient l'air ravi. Et moi aussi. Outre leur génie, les Puritans sont aussi et avant tout de chouettes types, ce qui ajoute encore à l'adoration que je leur porte. Je suis même reparti avec la tracklist personnel du concert, sur laquelle Jack Barnett avait écrit quelques mots.

Un très grand concert. Le meilleur de ma vie tant l'ambiance y était géniale.

Conclusion

Que dire devant un tel album sinon "Merci" ?!! De par la richesse sonore, l'expérimentation proposée et l'ambiance possédée, These New Puritans réinvente le concept de folie sonique. Field Of Reeds est en réalité une réelle oeuvre d'art, à écouter en entier pour en tirer son paroxysme sonore. Chaque titre, chaque note, chaque son apporte quelque chose à cet enemble hautement grandiose, sorte de cathédrale de cristal. 
 
C'est bien l'âge de la maturité pour TNPS, après Hidden, très bon album, beaucoup plus martial et guerrier que ce dernier opus mature, reposé et calme, comme satisfait par la qualité qu'il dégage, conséquence de la folie psychomaniaque de Jack Barnett et de Graham Paul Sutton qui ont fait répéter des centaines de fois certains passages des titres aux musiciens,  presque devenus aussi fou que Jack Barnett, si un tel état de folie est accessible pour le commun des mortels.
 
Le tout est un album catégoriquement inclassable parmi les musiques actuelles et passées. Rares sont les groupes qui ont inscrit leur nom dans l'histoire grâce à un seul album. These New Puritans fait partie de cette trempe ci. Leur évolution reste bien évidemment à suivre, tant leur génie est encore à exploiter.
 
Le Meilleur album de 2013, et également dans le Top 5 des albums de la décénnie. Merci TNPS.

 

Alexandre Bazin-Evel

 

Field Of Reeds - These New Puritans

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