The Hobbit 3 : The Battle Of The Fives Army - Peter Jackson

Sysnopis : 

Alors qu'ils viennent de reconquérir le Mont Solitaire, la compagnie de Thorin Ecu de chêne fait face à la convoitise du trésor de la Montagne qui attire nombre de peuples et de combattants. Les orages s'amassent et nul ne sait ce qui va se passer lorsqu’ils éclateront ! Suite des deux premiers opus de la trilogie The Hobbit, il se veut conclusif et final, mettant un terme presque définitif à l'aventure de la Terre du Milieu par Peter Jackson.

Critique :

The Hobbit - The Battle of The Fives Army est arrivé. Et le moins que je puisse dire après un visionnage mouvementé est : ce film en impose de sa superbe. L'unique constat à faire est que c'est décevant. Vraiment. Un véritable un chef d’œuvre de déception. Il méritera à la fois tous mes éloges mais aussi tous mes regrets. La finalité est telle, que je suis tristement obligé de lui reconnaître un statut de paria. A la fois de chef d’œuvre cinématographique mais aussi celui d'enflure de navet sans recherche. Et dans cette review, qui tristement se transformera en procès bicéphale, je vais tenter d'écarter le ressenti imagé et confus du fan hardcore ainsi que celui du passionnée d'héroic fantasy que je suis. Je vais essayer de raconter et de chroniquer, incontestablement l'exercice le plus dur, en étant le plus critique possible et d'avoir un jugement des plus impartiaux.
 
En effet, en ce mercredi dix décembre, je suis entré dans une salle noire et noire de monde, et contre toute attente, j'ai réussi à trouver une place parfaite. Et dans ces conditions presque indécentes, le spectacle a commencé. Finalement, à la sortie de cette séance, j’étais tellement perplexe, que bien par nécessité j’ai du le revoir. Evidemment pas par désir, mais plus par professionnalisme engagé. Et de cette manière, je sortais cinq heures après être rentré dans le cinéma. Fort aise du spectacle auquel j'avais assisté.
 
Car oui ! La Bataille des Cinq Armées est un spectacle. Un show dantesque et stupéfiant qui transcende le spectateur dans son fauteuil et qui faute de le rendre joyeux, le transformera en éponge à larmes et pseudo nostalgique. Ce film est un tire-larmes permanent oscillant entre fan service appuyé et démesure d'attente. Il ne s'agit pas de constater, il s'agit de participer, de faire prendre conscience au spectateur de l'étendue de son importance et de l'étendue de l'aventure menée. Ce n'est pas tous les jours que l'on demande à une foule et à une salle comble de rembourser les six cent millions de budget. On pourra dire que je suis de mauvaise foi, que je suis un hypocrite et à cela je répondrai « Coupable » mais aussi « Fier de l'être ». Car même si l'univers de la Terre du Milieu exerce sur moi une fascination presque mythologique, l'humble cinéphile ne pourra pas ne pas remarquer le déroulement bancal de notre spectacle ainsi que sa faiblesse.
 
Car il faudra bien plus à un cinéphile, que quelques charges de nain barbues ainsi que la vision d'elfes en armure d'or, pour provoquer l'érection cinématographique. Il en faudra tellement plus que ce film ne répondra pas comme les autres opus de cette trilogie aux attentes de ce dernier (mise à part la version longue traditionnellement expansive). Mais si le film répond à un plaisir voir à un commandement, il s'agit bien du plaisir. Le plaisir d'assister à une exhibition de tant de bonnes choses. C'est un régal du début à la fin, tant l'absolue précision et l'ultime puissance de chaque plan se retrouve sublimé, magnifié et tout simplement partagé. J'ajouterai à cela que le film outre le fait d'être porté par une bande son efficace et mélodieuse, est en plus de cela soutenu par une 3D réussie et plus qu'agréable. Tout cela élève un film déjà bon et qui sort d'autant plus grandi par cette qualité de base.
 
Peter Jackson choisit ici comme support entier de son film, une petite vallée. Cela ancre encore plus ce troisième volet dans quelque chose de réaliste. Un vrai film de siège qui demeure l'endroit parfait pour l'exercice de style maîtrisée à la perfection par P.J qu'est celui de la bataille chorégraphiée. Une chose marque : l'authenticité presque militaire qui apparaît dans ces batailles. Soldats rangés par bataillon. Rien ne bouge. Ils sont dirigés, commandés et exécutent des stratégies longuement apprise et travaillées.
 
Pourtant, le Hobbit ne marque pas par ses qualités mais par ses défauts. J'ai passé deux heures trente de pur plaisir, le cœur battant à chaque nouveau plan et à chaque image sortant de ce cadre. J'étais alors dans ma transe hypnotique du fin connaisseur estimé que je suis. Mais malheureusement, ce tableau magnifique se gâte.
 
Le Hobbit est aussi un très mauvais film. En effet, il est mal géré, pourvu d'un style lourd et trop peu cadencé, ou une myriade de scènes s’enchaînant sans lien et sans connexion dans une foire d'effets spéciaux, qui bien que réussis, n'arrivent pas à masquer (totalement) la faiblesse d'un scénario bâclé et haché. La raison la plus évidente de se massacre scénaristique : Warner et sa quête formelle du billet vert. Car il faut bien le rentabiliser le bordel à un demi-milliard. Et rien ne saurait faire plus plaisir à notre compagnie de production préférée qu'un film « court ».
 
Mais le coup le plus dur dans cette adaptation libertine du Hobbit est bel et bien la cajolerie mielleuse qui entoure la rudesse des dialogues et de la narration. Les personnages sortent de nul part, font des choses étranges et répondent du tac au tac des répliques inappropriées. Et il me semble que le film se retrouve étrangement déséquilibré et presque mutique alors. Car cette succession névrosée de séquences épileptiques ne rajoute au film que de l'inconsistance et de la débauche commerciale. J'ai bel et bien peur que notre si magnifique Hobbit ne soit en réalité qu'une copie imparfaite et pourtant bel et bien présente d'un certain Lord Of The Ring. Car oui, triste à dire pour tonton Peter : son Hobbit est une daube, en tout cas actuellement. Car à chaque fois qu'un nouvel opus de cette trilogie sort, il se retrouve en salle dans une version découpée grossièrement et qui fonctionne dans un mode anti-cinématographique et c'est pour cette unique raison que je décide de gracier notre cher Hobbit. En effet, Peter et ce dernier n'ont pas choisi ce traitement à la guillotine et cette version honteuse d'une œuvre bien plus vertueuse.
 
Mais un autre problème survient, et celui-ci reste le plus problématique et de loin ! Pourquoi avoir titré cela le Hobbit ? Car ce n'est pas l'histoire de Bilbo qui est contée au sens large. Il ne s'agit que d'un prétexte qui mène à un récit presque historique, écartant par moment totalement l'esprit de Bilbo dans la narration. On se permet trop de changement de point de vue et à mon sens le film ne raconte pas grand chose concernant Bilbo, bien malheureusement.
 
The Hobbit gagne aussi sa place du film ayant la fin la moins finale et la moins concluante de l'histoire du cinéma. Il se coupe net, et termine un voyage de vingt ans par cinq minutes faiblardes et profondément vexantes. On se paye de notre tête. Le film n'est pas achevé. Il reste inabouti et c'est alors qu'un sentiment de colère apparaît ! Je n'ai rien à savoir de plus, je connais l'histoire, j'ai lu le livre mais que dira le néophyte ? La personne qui n'achètera probablement pas la version longue ? Car quand un film n'est ni cohérent ni correct dans sa version cinéma courte et qu'il nécessite le rachat d'un DLC (contenu téléchargeable « fan service » pour améliorer sa compréhension, c'est au mieux honteux et au pire profondément insultant.
 
The Hobbit déçoit non seulement sur sa structure, mais aussi sur ce qu'il tenait comme promesse. Car oui ! La conclusion magistrale de la Middle Earth Saga n'est pas au rendez vous, et c'est même plus que dubitatif que j’attends la version longue ou en tout cas une version retravaillée car le produit présenté n'est clairement pas acceptable pour un film développé comme celui-ci et surtout pour un film pensé comme étant une conclusion. Car je n'y vois rien de concluant si ce n'est la gamelle vomitive de fan service pantagruélique, dans lequel se glisse sournoisement personnages déjà vus et références sans finesse à la précédente trilogie !
 
Mais oui, tout est là. Dans ces quelques lignes au dessus. Ma dualité. Ce film est à la fois un chef d’œuvre et une daube monumentale et ainsi la note la plus juste serait la moyenne de la perfection et du néant. Mais c'est presque à regret que je charge ce film. Car oui il a des défauts, mais de toute manière, les défauts majeurs tels que le rythme de progression et le découpage des scènes sera bientôt corrigé dans une version longue (déjà) annoncée avec trente minutes d'images inédites. Le film tel que nous le voyons dans nos salles obscures ne mérite alors pas grand chose. Si ce n'est l'ambition un petit peu grotesque de faire patienter le fan vers la version longue, qui encore une fois participera à la rente désormais uniquement commerciale et sans sentiment.
 
The Hobbit The Battles of The Fives Army est donc l'arme absolue et involontaire de la machine à fric extorquée signée Warner qui non seulement plaira dans sa forme bâclée et fignolée à la pisse, mais qui en plus qui instituera au rang de navéiste professionnel le cher Peter Jackson, bien à tort, évidemment.
 
Mais qu’en ai-je vraiment pensé ? J'ai adoré ! Réellement. Et je m'intègre volontiers dans cette catégorie de fanatique anarchiste et gueulard qui quoi que l'on puisse lui servir dans cette univers, râlera un bon coup mais payera toujours aussi bien le système ! The Hobbit 3 est une apologie totale et foncièrement brillante de la déception inattendue !


 

Ecrit par Enzo Dal Fitto 

Ecrit sous morphine

 

The Hobbit 3 : The Battle Of The Fives Army - Peter Jackson

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