De l'importance de Joy Division

Introduction

Ayant récemment vu le film Control sur Ian Curtis, je voulais m'atteler à une apologie de ce groupe, sans doute mon favori avec le Velvet Underground et Sonic Youth... Je souhaitais expliquer pourquoi ce groupe est important, pourquoi il doit être important pour tous les fans de Rock et pourquoi il restera important pour longtemps encore.

Le schéma de cet article ne suivra pas celui des autres. Je me laisserai aller à mes pensées, en essayant quand même de garder un fil conducteur. Mais bon, comme on dit en Angleterre : Wait And See !

Joy Division

Quand on parle de Joy Division, on pense avant tout à une personne. On pense à Ian Curtis, le chanteur épileptique. Sur scène et en dehors, il possédait une des auras les plus puissantes de toute l'histoire du Rock Indépendant. Ian Curtis, c'est une voie caverneuse, une chorégraphie à mi-chemin entre le coureur sur place, un gamin qui aurait pris la dose de drogue de Lou Reed, Johny Rotten, le chanteur des Sex Pistols et l'immobilité. On pourrait résumer cette danse par une expression : du grand n'importe quoi. 

En dehors des salles de concert, on s'aperçoit d'une chose. Il ne sourit jamais. Toujours perdu dans ses pensées existentielles ou amoureuses. Il faut dire que Ian Curtis souffre d'une épilepsie assez violente, des crises le prennent d'ailleurs parfois sur scène : sa danse devient frénétique puis, il s'écroule au sol et commence à convulser, le tout finissant par l'arrêt du concert. Il faut aussi dire que le chanteur est partagé entre Deborah Curtis, sa femme et amour d'adolescene et Annick Honoré, sorte de rockeuse que Curtis avait rencontré en Belgique. Fan de Man City, Curtis adore le foot, l'alcool et la musique.

Sa musique, et ses textes surtout sont sombres. Très sombres. "Je n'ai plus peur maintenant, je les ai vu tomber un à un, et je repense au temps où nous étions jeunes". Les membres de Joy Division ne comprennent d'ailleurs pas, au début, le caractère autobiographique de son oeuvre. Pourtant, Love Will tear Us Apart est assez compréhensible. Toujours est-il que Ian Curtis se suicidera à l'âge de 23 ans. 23 ans. Les raisons ? Aucune vraiment claire. Curtis était peut-être programmé pour se suicider... Peut-être n'y avait-il pas de solutions... Peut-être ne pouvait-il pas gérer ses conflits amoureux. Ses crises d'épilepsie étaient peut-être trop importantes. Je ne sais pas. J'ai épluché le cas. Mais je ne sais pas. Personne ne sait vraiment.

Le suicide de Ian Curtis a pourtant plongé son entourage dans la tristesse, noamment Bernad Sumner, le guitariste. Peter Saville, designer pour Factory Records et du groupe dira : "Je pense que Ian a été peut-être influencé par la pochette de l'album de Closer (qui représente un tombeau, ndlr). Si j'avais su ce qui allait se passer, j'aurais mis des arbres. Maintenant, je dois vivre avec ça". Martin Hannet, l'ingénieur du son de Factory Records et créateur du "son" Joy Division ne s'en remettra lui jamais. Après s'être fait rejeté par les groupes Factory, qui trouvaient que les méthodes de Hannett étaient trop extrêmes ou tout simplement qu'il se droguait trop, sa carrière va vite piquer du nez, pour finir aux oubliettes puis dans la rue... Il mourra d'une crise cardiaque à l'âge de 42 ans. Joyeux.

Joy Division, c'est finalement un groupe qui a plus marqué par sa violence que par sa longévité. Joy Division, c'est 2 ans et deux albums (une discographie assez peu importante); mais c'est aussi des dizaines et des dizaines de concert. Violence, bruit, fureur, émeutes (celle très célèbre relatée dans Control quelques semaines avant la mort de Ian Curtis), alcool ,drogue et légendes. Sur scène, la musique de Joy Division est assez sauvage. Entre les textes à se suicider de Ian Curtis, le jeu de basse révolutionnaire de Peter Hook , la batterie, elle aussi épileptique, de Steven Morris et la puissance de la guitare de Bernard Sumner, c'est une sorte de Metal que croit d'abord entendre le NME. Mais le NME n'est pas une science exacte. Joy Division, c'est bel et bien du rock. Du rock puissant mais du rock quand même. Aujourd'hui, cela peut paraitre désuet (meme si le premier qui dit ça, je lui tire une balle), mais pour l'époque, c'était révolutionnaire. Maintenant encore, ça devrait faire réfléchir les petits prétentieux comme Arcade Fire et ces connards d'Arctic Monkeys (dans ce groupe, je ne comprends que le terme "monkeys"), ces superstars comme Bono et ces enflures de U2 et toutes ces salopes comme Lady Caca et Rihanna (Shakira a un enfant donc on ne rritique pas).

Mais en studio,  Joy Division a toujours été un groupe qui a privilégie le fond à la forme. Les 4 Mancuniens ont toujours préféré les mélodies au matériel. Peter Hook dit : "Que tu joues sur un Fairlight (instrument très perfectionné pour l'époque) ou une scie musicale, ce qui compte, c'est la mélodie. Si tu n'as pas de mélodie, tu ne feras jamais rien." End of the discussion. Quand on écoute Love Will Tear Us Apart, on s'aperçoit très rapidement que le thème n'est pas compliqué et que le schéma du morceau non plus. C'est là que réside le génie de Joy Division, voilà pourquoi ce groupe est grand. Il a su inventer des thèmes auquel personne n'avait pensé. Joy Division, en s'inspirant d'autres, a inventé sa propre musique, au mépris de la société de consommation et au mépris de tout.

En dehors de leur musique, les quatre membres n'étaient pas des idiots. Ian Curtis lisait beaucoup, Sumner s'intéressait beaucoup à l'Art et aux Sciences, Hook écoutait beaucoup de musiques avant-gardistes... Ce n'était ni des bêtes de scènes, ni des carriatures de rockers. Non. C'était des érudits, peut-être pas des intellectuels, mais des personnes avec une culture générale. Ian Curtis était d'ailleurs quelqu'un de très intéressant (lire sa correspondance avec Annick Honoré) et il était dans la plupart des cas, très poli. On retiendra l'anecdote où, ayant demandé à William Burroughs une dédicace d'un de ses livres et ce dernier lui assénant un magistral "Fuck Off", Curtis s'en était allé tout penaud...

Dans leur génie, ils n'étaient pas seuls (nous en reparlerons lors d'une critique plus approfondie sur Factory Records), Tony Wilson et Rob Gretton, notamment, veillaient au grain. Tony Wilson était un génie fou. C'est lui qui a fondé Factory, c'est lui qui a montré à toute l'Angleterre qu'une bande de rebelles pouvait faire ce qu'elle voulait, comme elle le voulait. Mais l'artisan principal de la Légende Joy Division, c'est bel et bien Martin "Zero" Hannett, le producteur (ingénieur du son) dément. C'est lui qui a concrétisé le son Joy Division. Sans lui, Ian Curtis et ses coupains seraient peut-être restés dans l'anonymat total. Hannett se caractérisait par la drogue (comme tous les rockeurs), l'alcool (comme tous les rockeurs) et par le génie (comme tous les rockeurs). Il ne s'est jamais remis du suicide de Ian Curtis et est décédé alcoolique, et quasiment à la rue (comme tous les rockeurs).

Conclusion

Joy Division a révolutionné le Rock mondial et est la figure de proue de la Cold Wave. A la mort de Ian Curtis, les membres restants fondèrent New Order, groupe qui révolutionnera lui, l'électro (Blue Monday). C'est un groupe qui a fait plonger toutes les personnes qui ont croisé sa route dans une dépression maladive. Personne ne s'est vraiment remis de Joy Division. Surtout pas Ian Curtis.

Alexandre Bazin-Evel

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