Loin des hommes - David Oelhoffen

Synopsis

 

Daru, instituteur d'origine catalane natif d'Algérie, enseigne dans une petite école française perdue entre deux montagnes de l'Atlas. Rythmée par les rires de ses élèves et les bourrasques de vent de ces terres arides, la vie de cet homme est perturbée par l'arrivée soudaine d'un algérien accusé de meurtre qu'on lui confie. Daru doit le guider jusqu'au commissariat d'une ville voisine à une journée de marche. Débute alors un voyage difficile mais enrichissant pour ces deux hommes.

 

Critique

 

Des montagnes rocailleuses sublimées par les différents éclairages de la journée sur lesquelles marchent deux hommes écrasés par la fatigue, le tout accompagné de quelques fragments musicaux d'atmosphère... David Oelhoffen dresse une bien jolie fresque ! Seulement l'aspect intéressant du film s'arrête presque là.

 

 

Loin des hommes est un film qui a l'ambition de retracer le voyage d'un pied noir vertueux et d'un algérien accusé de meurtre durant lequel ces deux hommes opposés vont apprendre à se connaître, à dépasser l'apparence trompeuse et l'incompréhension. Et même s'il est certain que ce concept a été surexploité, ce film part d'une bonne intention. Oelhoffen veut réaliser une œuvre humaniste et il a toutes les cartes en main. Malheureusement il va s'égarer dans des broussailles d'idées confuses que le spectateur perplexe doit saisir au gré des répliques placées d'une manière assez maladroite ou grâce aux décors. L'exemple le plus terrible de cette confusion réside dans la fin du film : alors que Daru a prêché l'honneur à son compagnon Mohamed à plusieurs reprises durant le voyage, la proposition insistante qu'il lui fait de s'enfuir dans le désert et ainsi de se faire passer pour mort aux hommes de son village va, sans discussion, à l'encontre de l'honneur qu'il affectionne tant.

 

 

Les personnages de Daru et de Mohamed sont extrêmement ennuyeux. Viggo Mortensen embourbé dans un problème linguistique incarne tant bien que mal un personnage trop vertueux pour s'avérer complémentaire dans le duo qu'il forme avec Reda Kateb. La violence parfois surprenante qu'il exerce sur son prisonnier et les cris de rage sensés nous réveiller ne parviennent pas à créer un personnage complexe ou du moins contrasté. Comme Mortensen, Reda Kateb effectue très convenablement le travail qu'on exige de lui mais son personnage demeure profondément inintéressant. Le passé difficile qui lui est rattaché et ses deux ou trois traits de caractère ne suffisent pas à modeler un véritable individu. Pour un film dédié à la découverte de l'autre, posséder des personnages sans profondeur représente une condamnation certaine.

 

 

Loin des hommes ne peut même pas se réfugier derrière l'appellation de « western moderne » qu'on lui a donné à tort. Une fuite dans une terre désolée et des coups de feu ne suffisent pas à créer un western. Les quelques détonations ne représentaient qu'une facilité pour rythmer un récit insipide. Si ce n'est par le vent de l'Atlas, ce film n'a été soulevé par aucun souffle épique.

 

A défaut de créer de véritables personnages, Oelhoffen créé un véritable film. Dans le mauvais sens du terme ! Le scénario est construit de manière très carrée. Tout y est prévisible. Le spectateur connait cette œuvre par cœur avant de l'avoir vue. Et la mise en scène ne vient pas combler ces défauts : Oelhoffen respecte studieusement, voire aveuglément, les codes du cinéma tout au long de son travail. Les transitions sont simples, les plans sont très conventionnels... tout est très propre et l'ensemble respire le professionnalisme tout en demeurant fade. La musique, ou plutôt l'ambiance sonore, est finalement le reflet du film qu'elle accompagne. Elle s'appuie sur des tons de musique traditionnelle algérienne et forme une atmosphère mélancolique sans que le spectateur s'en émeuve. D'ailleurs il l'oublie dès la fin de la projection et c'est à peine s'il l'a perçue.

 

Conclusion 

 

David Oelhoffen nous livre son second film, une œuvre à portée humaniste et contemplatrice qui se révèle être assez médiocre. Loin des hommes est un film confus et finalement simpliste malgré son engagement. Mortensen et Kateb permettent au film de ne pas sombrer dans l'insoutenable malgré leurs personnages peu attachants et profondément inintéressants. Le film exploite les paysages de l'Atlas à l'excès pour assurer sa survie ainsi que des scènes de fusillades pour maintenir le spectateur attentif.

Un film à ne pas aller voir.  

 

Coen

 

Loin des hommes - David Oelhoffen

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