La Dolce Vita - Fellini

LA DOLCE VITA 

ENFIN ! Oui mes chers amis, enfin la voilà, on l’attendait depuis si longtemps cet article pour cette salope fascinante ! Oui, mesdames et messieurs, La Dolce Vita est une salope fascinante. Une Dame que l’on aide à sortir de sa Rolls de la grande époque, et qui, après avoir retiré sa fourrure, nous illumine de ses parures, mais surtout, nous réjouit de son allure.

Il était là, prenant la poussière aux côtés de Il était une fois dans l’Ouest et des Evadés, dans cette armoire où ces DVD, vous savez, ces produits mis entre nos mains crasseuses par des Hommes de génie, sont reclassés à « on le regardera un jour en famille quand il fera moche ». Arrêtons là ce suicide.

Commençons par le commencement. Le padre del cinemano. Le réalisateur des Nuits de Cabiria, de Huit et Demi ou encore d’Amarcord. Cet homme pouvant toiser allègrement par son génie Chaplin, Bergman, John Ford ou encore Welles. Lui et son Humanité. Lui et les autres, ces stars devenues étoiles de grâce rentrant dans Panthéon du septième art. Lui et ses trente-quatre récompenses internationales comme quatre fois l’oscar du meilleur film, une palme d’or à Cannes … et tant d’autres prix, et tant d’autres prix. Vous l’aurez compris, Fellini est mon idole. Il est aussi cordial qu’efficace, aussi précis que réalisateur a succès mérité, aussi bestial que proche de nous.

 

Parlons de la Dolce Vita, et cette sensation d’être dans un café, au cœur de la Ville Éternelle, à cette époque bénie où le seul souci est d’être heureux. Marcher en surplombant les forums avec pour seul horizon La Machine à Écrire... Qu’est-ce que j’aime Rome, qu’est-ce que j’aime la Rome de Fellini. Le film nous révèle un monde de plaisir et d’insouciance, une Rome extravagante par ses habitants, ses locataires et ses visiteurs. De plus, tel Marc Aurèle revenant dans la Capitale après une victoire, le film a suscité une véritable frénésie mêlant intrigue, voyeurisme et plaisirs sucrés. Succès mérité par sa qualité à aborder la société avec un regard tout à fait nouveau pour son époque, sans mystère, sans jugement de valeurs ni tabou.

Cette vie douce est animée par Marcello, un journaliste de la critique mondaine, qui a la volonté singulière de devenir, un jour, un grand reporter. Elle sera rythmée par une série de petites scènes, comiques pour les unes, tragiques à vous couper du réel pour les autres. Cela m’a fait, au début, penser à la Comedia dell'Arte avec ses petites scénettes dénudées de tout lien mais après revisionnage je pense sérieusement que Fellini met en place une véritable complexité pour ses personnages qui sont contre toute attente, très bien structurés.

FICHE TECHNIQUE

   
Titre Originale La dolce vita
Réalisation Frederico Fellini
Scénario Federico Fellini
Tullio Pinelli
Ennio Flaiano
Brunello Rondi
Pier Paolo Pasolini
Acteurs Principaux  Marcello Mastroianni
Anouk Aimée 
Anita Ekberg
Société de production Riama Film
Pathé Consortium Cinéma
Gray-Film
Pays d'origine France - Italie
Genre Chronique Dramatique
Durée 172 minutes
Sortie 1960
 
 

ANALYSE

Fellini, nous offre en explorant, une Italie rayonnante, et en revisitant son propre passé. « Les choix existentiels qui s'offrent à un jeune homme doué : le mariage et la famille, la foi, les exigences de l'intellect, la facilité de l'hédonisme. Sans porter de jugement, le film évoque la face obscure et la face claire de chacun des parcours possibles, laissant finalement Marcello devant le choix de l'innocence ou de la déchéance » pour citer mon cher ami Wikipedia. Pourquoi ce copier-coller grossier ? Tout simplement car pour l’une des premières fois dans l’histoire du cinéma, tout le monde s’accorde sur cette vision et non pas sur une autre. Pourquoi ? Vérité, cela représente la vérité. La vérité de ce chef d’œuvre. Oui, il y a des nuances, mais allez voir le réalisateur hongrois spécialiste du huitième genre ou le jeune collégien qu’on force à aller voir le Bal des Vampires, ils vous diront la même chose, avec des mots différents certes, mais la même chose.

Ceci dit, je me sens tout de même obligé de vous raconter l’histoire (même si je continue de penser que l’on peut magnifiquement bien parler du film sans même le raconter.)

Un Prologue et douze étapes composent le film, appelées communément: Le travail de Marcello, Les plaisirs pervers, La femme, La force de l’intellect, Les mirages de la Foi, Les labyrinthes de l’intellect, L’innocence entrevue, La jeunesse enfuie, La décadence, L’amour captif, L’absurdité de l’intellect et La déchéance. Ce sont douze mirages d’une vie sublime. Petit résumé claire ?

Le prologue : Voilà une scène puissante, le Christ rédempteur survolant la ville des Papes et des croyants tel Saint Pierre promettant le paradis aux pêcheurs.

La travail de Marcello : Notre bon Marcello, suivi par son cher photographe zélé suivent un couple, sûrement célèbre, jusqu’à un restaurant ? Là, Marcello délaisse son compagnon pour retrouver une grande bourgeoise désœuvrée, Maddalena. Au passage, un peu d’érudition, qui savait que le terme paparazzi venait de film ? Cette profession tire son nom d’un photographe à scandale, acolyte de Marcello.

Maddalena et le reporteur de « presse people » quittent leur lieu de rencontre direction un boulevard de la capitale. Ils y trouveront une prostituée qui les amènera chez elle pour qu’ils y fassent l’amour.

Désolé, je retombe dans mes travers mais zut. Vous avez wiki’, AlloCiné, des thèses universitaires pour vous faire un résumé. Je le dis, le redis, ce n’est pas ça une critique. Permettez-moi alors de retourner faire ce que je sais faire de mieux, parler dans le vent du passé, parler sur ces 265 000 000 000 images qui composent la pellicule, parler sur ces hommes et femmes qui sont loin d’être de simples et vulgaires héros de cinéma. Et puis ils ont quand même la classe dans leur cabriolet !

 

La situation me le permettant a nouveau, je vais non loin s'en faut, vous parler de mon personnage préféré. Il a des millions de jambes et de bras, un cœur grand comme l’Italie, fait des pizzas comme personne, je parle bien de La Via Veneto. Oui, cette artère de communication romaine, devient sous la caméra de Fellini un véritable personnage avec ses humeurs, ses envies et ses désirs. Ce tas de pavés devient le théâtre de cette comédie humaine. Et comme disait l’autre « Ferme un peu ta gueule le pédant et laisse parler papa », donc oui, c’est Fellini qui expliquera le mieux mon amour pour ce vulgaire tas de pavé : « Je sais naturellement que, depuis La Dolce Vita, on lie obstinément mon nom à la Via Veneto, à la vie plus ou moins mondaine qui s'y déroule la nuit. […] J'ai inventé dans mon film une Via Veneto qui n'existe pas du tout, je l'ai élargie et modifiée avec une liberté poétique jusqu'à ce qu'elle prenne la dimension d'une fresque » allégorique. Il est un fait que la Via Veneto s'est transformée après La Dolce Vita, qu'elle a accompli des efforts considérables pour devenir telle que je l'ai représentée dans mon film. »

Mesdames… Je suis comme vous. Poilues, avec de la bidoche et nous avons ce curieux défaut d’être émotif. Effectivement, je suis comme vous, au bord des larmes lors de la scène de la fontaine de Trevis. Qui ne rêve pas d’être dans un lieu magique… Plus sérieusement, cette scène, qui est à mes yeux la plus belle - mais pas la meilleure - nous offre un spectacle digne d’un son et lumière de Jean-Michel Jarre. Elle est esthétique, bien cadrée et si sensuelle, la vapeur d’un corps brûlant d’envie se confond à la froideur d’esprit d’un homme qui risque de perdre sa femme à cause d’un suicide. La voilà, la comédie humaine. Le voilà, le mensonge du bonheur si précieux à nos paroles. N’oublions jamais, derrière chaque mensonge, il y a une vérité.

Vous savez quelle est ma scène préférée ? C’est une image, un très court moment qui résume à lui tout seul la pensée de Fellini. C’est ce moment où une actrice hollywoodienne fait un strip-tease déguisé en Cardinal. Burlesque ? Anticlérical ? Provoc’ ? Oui, Oui, Oui. Mais pas seulement. C’est aussi cette page archaïque d’un autre monde fait de code et foi que Fellini nous fait tourner.

Une salope fascinante. J’espère que je vous aurai convaincu, et pour une fois, je laisserai un autre terminer ma critique car quand on se trouve devant le talent, on laisse ceux qui en ont écrire.

« Beaucoup plus qu’une peinture de la société son film est une quête au sens philosophique du terme, un constant interrogatoire. »

— Henry ChapierCombat, 12 mai 1960.

L'abbé SCARP

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