It's a pleasure - Baxter Dury

It’s a pleasure

Baxter Dury a sorti il y a quelques semaines son dernier album, intitulé It’s a pleasure. Il faut avouer que le chanteur londonien a très bien choisi le nom de son album tant son écoute est un plaisir. Sans pour autant modfier une formule qui gagne et chercher à créer une musique complexe, Baxter Dury signe un nouvel album dans la lignée directe de Happy Soup, symbole d’une pop anglaise tout sauf morte.

Critique

Avant de parler des rares changements, parlons de ce qui est toujours aussi bon. D’abord la mentalité. Si certains artistes ont toujours cette envie de proposer quelque chose de nouveau, Dury, lui, se contente de reproduire, avec brio, des schémas déjà utilisés. Mais loin de me choquer, comme le dernier Angus et Julia Stone avait pu le faire, It’s a pleasure me conforte dans l’idée que peu de musiciens au monde arrivent à reproduire ce qu’apporte un album de Baxter Dury, à savoir de la joie mesurée et un côté parfois complétement déjanté (comme l’atteste son clip pour Pleasure). Si les paroles sont au contraire parfois assez négatives, leur mise en forme est limpide et montre toute l’auto-dérision dont fait preuve Baxter Dury. Les titres Other Men’s Girls et White Men sont de bons exemples de cette heureuse ambiance qu’installe un album de Baxter Dury. Les titres en eux-même semblent, et sont, être à l’image d’une certaine vision de notre vie. Baxter Dury prend le partie positif de la vie, à défaut de se morfondre dans le malheur (ce qui peut être très intéressant également aussi, cf. Ian Curtis). Le dandy anglais montre que notre vie n’est peut-être pas si terrible que ça. Mais il n’en ignore pas non plus les éléments négatifs, et notamment, dans le cas de Baxter Dury, le temps qui passe (Petals) - dans son interview pour Magic, il avait justement souligné que ce fait revenait de plus en plus dans sa musique, mais que tout cela était involontaire – mais montre qu’il est possible de s’en accomoder.

Pour se faire, Dury utilise les mêmes options que sur Happy Soup, à savoir une pop minimaliste, en opposition totale des artistes comme These New Puritans ou Perfume Genius. Sans prendre parti pour l’un ou pour l’autre, il faut avouer que le style Baxter Dury reste très efficace, à la faveur notamment de sons de guitares vifs mais ronds. Dans leur rareté, aucun son n’est superflu. Les boucles de batterie sont très souvent les même et se répètent parois jusqu’à la fin du titre (Palm Trees), mais sans que cela ne choque vraiment tant elles s’intègrent dans l’architecture du titre. Ce type d’orchestration permet justement une abondance de solos, qu’ils soient à la guitare ou à d’autres instruments. Si la musique du fils de Ian Dury est minimaliste, elle ne l’empêche à quelques expérimentations bienvenues (Whispered), où la nouvelle collaboratrice de Baxter s’en est donnée à cœur joie sur son synthé.  Si on devait résumer la musique de Dury sur cette album, les qualificatifs de « sans prétention » (ce terme ne doit rien enlever à la qualité de l’album), « minimaliste » (Whispered en est le contre-exemple, mais dans l’ensemble de l’opus, le qualificatif est à mon avis adapté) et « efficace » (car on ne s’en lasse pas) seraient sans doute utilisés.

Outre la musique à proprement parler, la mise en parole des voix est à souligner. Bien souvent, et comme dans Happy Soup, les paroles sont souvent chantés de manière nonchalante, traînante (Pleasure, Palm Trees), où l’accent londonien du chanteur ressort à merveille. Parfois cependant, la voix féminine prend le dessus, selon Baxter Dury, simplement pour contrebalancer sa propre voix, qu’il juge trop désagréable. Dans Palm Trees justement, la voix féminine alterne entre simples accompagnements et solos. Dans Other Men’s Girls, c’est même la nouvelle camarde de jeu de Dury qui a le plus beau rôle. Ce titre, permet également de mentionner une certaine nouveauté : Dury ne chante pas, il parle. En effet, cela lui permet d’utiliser une tessiture plus grave de sa voix et d’ajouter une nouvelle ambiance, plus posée que psychédélique.

Conclusion :

Baxter Dury signe donc un nouvel album très plaisant. En réutilisant les même schémas que dans ses précédents albums, le fils de Ian Dury innove légèrement, comme en atteste la prise de pouvoir féminine dans certains titres, l’apparition d’expérimentation et les paroles peut-être un peu moins innocente.
Le Dandy anglais n’a pas fini de nous étonner, et de nous réjouir donc, et il faut avouer que It’s a pleasure…
 

ABE

 

 

It's a pleasure - Baxter Dury

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