Inglorious Basterds - Quentin Tarantino

Aujourd'hui, on s'occupe de Inglorious Basterds, l'une des dernières réalisations de Quentin Tarantino !

Quand les hommes naissent dans la haine. Quand ils sont modelés dedans, il n'en ressort que du mal. Un monstre dictateur, une foule de malades mentaux et de psychopathes, le mal n'a besoin de rien. Ainsi pendant 4 ans les fournaises d’Auschwitz ont brûlé, corps et âmes. Six millions de corps s'entassent désormais dans les champs de la guerre, brulés pour un fou. Leurs corps brûlent de haine, de peur encore aujourd'hui et leurs noms ne doivent jamais être oubliés. Pour ce qu'ils sont : des hommes meurtris, tués, humiliés, achetés, violés et brisés. Six millions d'innocents détruits par la haine. Pourvu que cela serve de leçon.

Tarantino reprend donc le sujet le plus discuté et le plus sensible de l'humanité pour en livrer sa version : Inglorious Basterds ! Le film se permet de revisiter l'histoire, dans une version plus cynique, plus mesquine et assez bizarrement, certainement plus vraie que la plupart des médias disponibles traitant de la période en question...

Tandis que Shosanna Dreyfus, échappe de justesse à l'assassinat de sa famille, par le colonel SS Hans Landa... Le lieutenant Aldo Raine, rassemble son équipe de soldats, baptisés Basterds par les Allemands, pour abattre la terreur sur les Nazis... Ces deux groupes assez inattendus se rassemblent finalement indirectement dans un cocktail explosif... Objectif ? Abattre le 3e Reich, une bonne fois pour toute !

Fiche Technique

Titre français et original : Inglourious Basterds

• Titre au Québec et Nouveau-Brunswick : Le Commando des bâtards (Pour le fun)

• Réalisation : Quentin Tarantino (et Eli Roth La Fierté de la Nation)

• Scénario : Quentin Tarantino

• Montage : Sally Menke

• Direction artistique : Sebastian T. Krawinkel

• Décors : David Wasco, Sandy Reynolds-Wasco

• Costumes : Anna B. Sheppard

• Production : Lawrence Bender, Christoph Fisser (coprod.), Henning Molfenter (coprod.), Charlie Woebcken (coprod.), Erica Steinberg (prod. délégué), Harvey Weinstein (prod. délégué), Bob Weinstein (prod. délégué), Lloyd Phillips (prod. délégué)

• Société de production : Universal Pictures, The Weinstein Company, A Band Apart,Zehnte Babelsberg Film

• Société de distribution : Universal Pictures, The Weinstein Company

• Budget : 70 000 000 $

• Langues originales : anglais, français, allemand, italie

• Formats : Couleur Technicolor - Dolby Digital - 2.40:1 IMAX - 35 mm

• Genre : Film de guerre 

• Durée : 148 minutes (2 h 28)

• Dates de sortie :

• 19 août 2009 

Distribution

• Brad Pitt (VF : Jean-Pierre Michaël) : le lieutenant Aldo Raine

• Mélanie Laurent (VF : elle-même) : Shosanna Dreyfus

• Christopher Waltz (VF : lui-même) : le colonel SS Hans Landa

• Michael Fassbender (VF : Christian Gonon) : le lieutenant Archie Hicox

• Eli Roth (VF : Jonathan Cohen) : le sergent Donny Donowitz

• Diane Kruger (VF : elle-même) : Bridget Von Hammersmark

• Daniel Brühl (VF : lui-même) : le soldat Frederick Zoller

• Til Schweiger : le sergent Hugo Stiglitz

• August Diehl : le major Dieter Hellstrom

• Gedeon Burkhard : le caporal Wilhelm Wicki

• B.J. Novak (VF : Olivier Brun7) : le soldat Smithson Utivich

• Omar Doom (VF : Selim Cleyssen7) : le soldat Omar Ulmer

• Sylvester Groth : le docteur Joseph Goebbels

• Julie Dreyfus (VF : elle-même)  : Francesca Mondino

• Jacky Ido : Marcel

• Mike Myers (VF : Luc-Antoine Diquéro) : le général Ed Fenech

• Rod Taylor : Winston Churchill

• Martin Wuttke : Adolf Hitler

• Denis Ménochet (VF : lui-même) : Perrier LaPadite

• Richard Sammel (VF : lui-même) : le sergent Werner Rachtman

• Alexander Fehling (VF : Jorg Sticken) : le sergent Wilhelm / Pola Negri

• Samm Levine : le soldat Gerold Hirschberg

• Paul Rust : le soldat Andy Kagan

• Léa Seydoux : Charlotte LaPadite

• Tina Rodriguez : Julie LaPadite

• Lena Friedrich : Suzanne LaPadite

• Ludger Pistor : le capitaine Wolfgang

• Bo Svenson : un colonel américain dans La Fierté de la Nation

• Enzo G. Castellari : un général nazi

• Christian Berkel : Éric

• Anne-Sophie Franck : Mathilda

• André Penvern : le vieux vétérinaire français

Critique

Tout commence, sur une légère « Lettre à Elise » revisitée. Une limousine allemande. Un colonel SS. Les pauvres LaPadite et leur ferme. Un verre de lait. Le génie est parti s'installer derrière sa caméra encore une fois. Dirigeant des yeux, ses brillants acteurs déclamant leur réplique : « A vos vaches et à votre ferme, je dis Bravo ! »

On pourra rester béat et encore naïf devant ce Tarantino là, mais en plus on en sortira changé. Comme une reprise de souffle après ce défilé de vérité sur la haine. Coup de projecteur ultime sur l'Holocauste et l'horreur causée par un homme humilié qui par vengeance décide de briser un peuple ! (Nouvelle de Dino Buzzati : Pauvre Petit Garçon)

Mais outre un film réussi, on ne voit que mieux, ce que Tarantino peut faire avec une caméra : réaffirmer encore une fois un style convaincant et perfectionniste et révolutionner encore une fois le cinéma, en prouvant une petite chose : on peut tout faire du moment d'avoir et le cran et le talent pour le faire ! Et pour moi, je préfère cette version, où le IIIe Reich finit brûlé et incendié par une pellicule de film...

Tarantino se balade ainsi dans les sentiers des mythes et récits, décrivant cette période, y reprenant les archétypes, qu'il se plaît à mélanger et à exploiter pour obtenir son tableau final, peinture de perfection. Une toile de maître, prouvant encore une fois que le 7ème art a tout droit et pouvoir sur ses terres et que nul ne pourra priver le monde de cet art là !

On assiste presque à un opéra en 5 actes :

Acte 1 : Il était une fois… une France occupée par les nazis

Acte 2 : Inglourious Basterds

Acte 3 : Une soirée allemande à Paris

Acte 4 : Opération Kino

Acte 5 : Vengeance en très gros plan

 

Chaque acte exploitant, une logique et des codes totalement différents et que seule cette séparation en chapitres, rend possible et crédible. Très inspiré par les westerns, on y retrouve quelques codes transposés dans ce monde presque parallèle, parlant d'une autre vision de la seconde guerre mondiale.

Ainsi le premier acte se base sur une ambiance western pur. Deux personnages qui discutent dans un milieu désert. Un dialogue classique qui marque l'entrée en scène des personnages.

L'acte deux, attaque avec un ton guerrier. Puissant et presque « Badass », les personnages sont introduits, directement dans le but de la mission. Les Bâtards d'Aldo Raine.

L'acte trois revient à une démarche de western, mélangé avec un peu de folklore médiéval, bien sur réarrangé. Les personnages reviennent, les « méchants » s'installent. Le genre continu. Gestion assez agressive de l'angoisse et du suspense, vraiment bien travaillée et extrêmement performante.

Et les deux derniers, avancent une démarche mélangée. Un mix entre thriller psychologique et western spaghetti, un mariage assez fonctionnel ou les deux genres basculent très bien entre eux. L'histoire se finit dans un bain de sang, mais on garde l'idée de surprise ! (ATTENTION SPOIL : Personne ne se doute qu'Hitler vas mourir...). C'est donc encore une fois, que Tarantino réaffirme son inspiration de la culture western.

Une mise en scène, efficace, un scénario travaillé, des acteurs précis et justes et une BO, absolument monstrueuse, bref un Tarantino comme on les aime !

Abstraction faite au sujet évident du film. On peut y trouver un amour…Le cinéma!

Et surgit alors une question : « Peut-on tout filmer ? »

Mon point de vue : oui.  Pour moi, le cinéma n'a d'autre vocation que d'étendre la liberté d'expression et de diffuser des idées.

Certains sujets paraissent sensibles et la plupart des films qui les traitent, en offrent une vision adoucie et contrôlée afin de ne choquer personne. Ce cinéma est ennuyeux, se contentant de l'inscrit. J'aime quand de réels doutes, de réelles suggestions, de vraies vérités et non de simples propositions formelles sont posés et au delà de tout, déjà vus. Le cinéma est un art de renouveau, de surprise, de doute, de risque et se contenter de livrer un produit simplifié est réducteur pour permettre une diffusion aisée et tout simplement regrettable.

Sociologiquement parlant, il est vrai qu'une simplification est nécessaire pour permettre une compréhension minimale de l'idée de départ, mais cette simplification ne doit pas entrainer une amputation de cette vérité de base, et donc ne doit pas faire barrière dans l'idée de diffusion de message. Ce problème se caractérisant par de la censure à outrance et qui plus est injuste ainsi que par un anéantissement culturel de tout ce qui fait le corps de l'œuvre. La question reste donc ouverte : « Que peut-on montrer au cinéma ? »n

Conclusion

Ainsi Tarantino, réussit (encore), le pari incertain de traiter le sujet le plus polémique, le moins stable et sûr, de toute l'histoire de l'humanité, transformant son récit en fresque presque mythologique et sans aucun doute anthologique !

 C'est donc avec regrets que je vous dis à bientôt !

 

Liens utiles :

 

1. Le script de base de Inglorious Basterds : http://www.imsdb.com/scripts/Inglourious-Basterds.html

2. Dossier de presse du film (Festival de Cannes) : http://www.festival-cannes.com/assets/Image/Direct/029846.pdf (Attention : Uniquement en Anglais !)

 

 
Enzo Dal Fitto.
 

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