Imitation Game - Morten Tyldum

Imitation Game

Réalisé par Morten Tyldum, Imitation Game est bien sûr un biopic sur la vie du très complexe Alan Turing, l’homme ayant « cassé » Enigma, la machine de cryptage de messages nazie, et étant à l’origine des ordinateurs. Malgré une distribution attirante, avec les présences de Keira Knightley et de Benedict Cumberbatch, et une ambition non dissimulée, le film est raté.

Nous avions déjà énoncé et dénoncé les problèmes et les nombreux inconvénients du biopic dans les dernières critiques d’Enzo dal Fitto sur The Theory Of Everything et de James Moriarty sur American Sniper. Il s’avère que les problèmes déjà évoqués, se retrouvent et se confirment dans le film The Imitation Game.

Tout d’abord, le problème déjà rencontré dans The Theory of Everything est le suivant : une sorte de syndrome contagieux de simplification et de banalisation des faits historiques. Si le principe du film est pédagogique, c’est à dire d’apprendre à la populace des événements historiques et qui était Turing, alors l’idée est noble. En revanche, je pencherai plutôt vers une idée de mondialisation de la simplification. En effet, la réalisation se veut prétentieuse, en tout cas assez pour remporter un Oscar. Afin de satisfaire le grand public et de faire du chiffre (Cinéma Business), Morten Tyldum nous offre le portrait condensé et embelli de Turing, ainsi que le résumé parfois approximatif de faits historiques assez complexes.

Ce qui me gêne dans ce métrage, c’est que Tyldum semble essayer de nous persuader que son film est un bien un film d’art et d’essai, et non pas un film de divertissement. Ce film devient alors un remarquable décalage entre ambition « artistique », et ambition économique. Clichés, prises de vue classiques et qui sent le réchauffé, dialogues et synopsis prévisibles, personnages se voulant complexes, etc. Tout y est, mais en voulant montrer aux spectateurs de façon grandiloquente la sensibilité de vos personnages, Mr Tyldum, on finit par douter de la votre.

Oui, disons-le, on se fait chier à mourir devant The Imitation Game (et c’est quelqu’un qui adore Ozu et Tarkovski qui affirme cela). Les élucubrations de Turing n’apportent aucun effet de réel, et le schéma narratif du film est somme toute, assez prévisible. Le spectateur comprend et voit les choses avant qu’elle ne soient portées à l’écran, et cela contribue au trou dans l’intensité de la narration à la moitié du film. Alors, quand les acteurs tentent de faire éprouver des émotions, et notamment de la répulsion quand Turing laisse mourir le frère d’un de ses collègues, ils se ratent complètement, tant leur tentative paraissent lointaines, à mon avis.

Ensuite, James Moriarty avait parlé d’une limitation du message critique dans American Sniper. Et cet aspect se retrouve de nouveau dans The Imitation Game.

Et les coupables principaux de ce constat, ce sont les acteurs. Le personnage de Turing, incarné par Benedict Cumberbatch, et dont la prestation ne vaut certainement pas une nomination aux Oscars, est peu emballant. Simplet et limité dans son approche par les contraintes historiques du biopic, il en devient redondant et pathétique. Alors que le film aurait pu être une lettre ouverte sur les ambiguïtés et incongruités du système anglais de l’époque et même du système anglais (et notamment d’un point de vue du traitement des homosexuels), il en devient inoffensif, tant la réalisation atténue cette dimension pour ne pas faire de fausses notes d’un point de vue historique.

La prestation de Cumberbatch atteint son paroxysme lors de la dernière scène du film, où il devrait paraître dévasté. Malheureusement, c’est cette scène qui atteint le comble de mon indifférence, tant Cumberbatch est pitoyable et niais dans l’interprétation d’une scène qui l’est tout autant, mais qui aurait du être d’une beauté sans nom (et elle aurait pu l’être).  La vraie vie de Turing est touchante et révoltante, mais son adaptation cinématographique est pitoyable.

De même, le personnage de Keira Kinghtley est peu recherché, mais ici, c’est plus l’actrice que le personnage qui me dérange. En effet, que penser d’une actrice prenant un malsain plaisir à ne jouer que dans des films pseudo-intellectualisés, et terriblement ennuyeux (A Dangerous Method notamment) ? Ceci est une question rhétorique dont  la réponse est finalement moins importante que l’interrogation.

A force de vouloir faire des films bourrés de talent, Mrs Knightley, j’en viens à douter du votre.

Je ne parlerai pas de la B.O. tant elle est insignifiante, comme souvent aujourd’hui. Et c’est un très gros problème, comme l’ont fait remarquer les Cahiers du Cinéma dans leur numéro de Décembre 2014.

The Imitation Game apparaît donc comme le fruit d’une simplification hâtive pour grand public et jury des Oscars. Si le métrage n’est pas déplaisant, il est très peu captivant. Le biopic actuel en général ne s’en sort pas mieux, et s’avère indigne de ses illustres prédécésseurs (Andrei Roublev, Raging Bull, Lawrence d’Arabie, pour ne citer qu’eux), les exceptions se faisant de plus en plus rares (Invictus).

 

Courrier de l’Ami de l’Abbé Pierre

"Tout d'abord je tenais à remercier les auteurs des Sentiers du Cinéma de m'avoir laissé ce droit de réponse Je souhaitais faire valoir ce droit suite à la critique d'Imitation Game , biopic de Mortem Tyldum sorti le 28 Janvier 2015 en France Je vais en guise de réponse faire ma propre critique d'imitation Game. Rentrons maintenant dans le vif du sujet , la précédente critique vous avait montré un film pauvre en action , pleins de banalisation des faits historiques et devant lequel on « se fait chier a mourir » Moi je vais vous présenter un film plein de bonne intention, avec un but clairement pédagogique et un Benedict Cumberbatch a coupé le souffle dans ce rôle Maintenant , les banalisations des faits historiques. Oui la machine qui a cassé Enigma ne s'appelait pas Christopher et oui il y en plusieurs détails de la vie de Turing qui ne sont pas respectés mais vous oubliez que nous ne savons presque rien de la vie de Turing pendant la 2nde guerre mondiale , tout est secret défense et le restera pour longtemps mais c'est inexactitude ne gène en rien le déroulé de l'histoire. Je trouve que la vie de Turing est bien résumé, on y parle de son enfance ( rencontre et mort de Christopher , son assiduité a l'école ) de ses travaux pendant la guerre qui sont le sujet principal de ce film mais aussi de l’après décodage du Code Enigma ( test de Turing ) et bien sur de son homosexualité et tout ce qu'il a subi par celle-ci. Résumé 41 ans en 114 minutes n'est pas une chose simple et Mortem Tyldum se sort très bien de ce exercice malgré quelques incohérence. Toutes la partie en dehors d'Enigma est assez bien résumer , son enfance d’écolier modèle et sa rencontre avec Christopher qui marque sa vie comme on s'en rends compte dans le film et l’après Enigma où malgré tout ce qu'il a fait pour l’Angleterre il est par celle -ci condamné à la castration chimique qui l'anéantira et le poussa au suicide( que l'on ne voit pas a l'écran mais est raconté a la fin du film) Parlons ensuite du jeu d'acteur de Benedict Cumberbatch que j'avais découvert dans Sherlock et qui ici m'a fait très bonne impression, il reflète un homme distant des autres Hommes , associable un génie des mathématiques nul en relation humaine comme on peut le voir tout au long du film. Cumberbatch redonne vie à Turing pendant une peu moins de deux heures il mérite donc logiquement sa nomination aux Oscars. Venons en maintenant aux plans de camera qui sont vraiment classiques peut être même un peu trop, aucune surprise mais aucune déception, le réalisateur a décider de rester simple et c'est sûrement mieux . Mon seul regret est une scène où Alan à la choix de sauver le frère d'un de ses collèges au risque de faire savoir aux Allemands que le Enigma est cassé. Alan décide sans empathie de laisser mourir des soldats anglais dont le frère d'un de ses collèges , je trouve que c'est un peu trop. Mais cela montre aussi que malgré le code cassé la guerre n'est pas finie pour autant est les victimes vont continuer Pour conclure je vous conseille ce film que vous adoriez Turing ou soyez néophyte en la matière ( c'est même mieux si vous êtes néophyte ) et si vous aimez les petites histoires de l'Histoire. NOTE : 8/10"

Réponse au très cher ami de l’Abbé Pierre, qui m’accuse à tort d’avoir plagié la vidéo du Fossoyeur de Film, intitulé « L’APRES-SEANCE : Imitation Game » :

Tout d’abord, cher lecteur, je voulais vous signaler que je ne mets jamais les pieds sur YouTube, et encore moins pour y visionner des vidéos insipides et imbuvables de « cinéphiles » qui le sont tout autant. Difficile donc de plagier quelque chose qu’on n’a pas vu.

De plus, ce que j’expose dans ma critique n’est rien d’autre que ce que l’on appelle « un avis » (vous savez, la chose pour laquelle 12 personnes sont mortes ?). Et il se peut que mon avis soit en concordance avec l’avis d’autres personnes. Cela s’appelle la libre circulation des pensées et leur libre exposition. Aussi, monsieur l’ami de l’Abbé Pierre, je vais vous montrer, moi, Alexandre Javal-Evel, co-fondateur et rédacteur en chef des Sentiers du Cinéma, que vous n’avez rien compris. A mon point de vue, à mon avis sur le film, et à ma vision du cinéma.

Commençons.

Dans sa formidable (!!!) vidéo, le Fossoyeur commence par une présentation du film et de son synopsis. Je ferai remarquer à mon bourreau qu’on ne peut présenter un pitch de façon originale. Un pitch est un pitch, et sauf si l’on est con ou si on sur-intellectualise un métrage, tout le monde l’interprète de la même façon. Difficile donc de dire qu’Imitation Game ne raconte pas la vie d’Alan Turing. Mais passons.

Puis, le Fossoyeur et son ami pseudo-spécialiste (il n’a fait que lire la biographie du personnage) se montrent mitigé. Comme moi. Et je reviens à mon premier point : la libre circulation des avis. Ce n’est pas parce que le Fossoyeur dit quelque chose avant moi, que je n’ai pas le droit de dire la même chose. Si on me taxe de plagiat car je dis que, comme le Fossoyeur, je suis mitigé (je vais même plus loin, mais vous n’avez pas compris ça non plus), et bien c’est une atteinte à ma liberté d’expression, et cela, je ne l’accepte pas.

Le Fossoyeur se dit « intéressé ». Je dis que je me suis fait chier. Comment être plus en opposition ? Si vous, cher ami de l’Abbé Pierre, n’êtes pas capable de comprendre cette différence, vous ne serez certainement pas capable de comprendre les autres nuances dont sont faites le monde. Et je ne parle pas des 50 nuances de Grey.

Le Fossoyeur et son acolyte soulignent ensuite l’aspect « superbe » de l’histoire ». C’est un fait. Comment dire autre chose ? Je reprends ensuite un mot que le Fossoyeur emploie : « académique «. Mais nous n’en avons pas la même définition. Pas du tout. Et je suis contraint d’expliquer mon emploi, peut-être abusif, de ce mot, comme le Fossoyeur le dit si bien, « fourre-tout ». Quand j’emploie le terme « académique », ce n’est jamais bon signe. Pourquoi ? Parce que pour moi, il ne renvoie pas à l’âge d’or du cinéma Hollywoodien, ni même à un ensemble de films composé de chef d’œuvres, comme de navets. Académique, pour moi, est beaucoup plus péjoratif. Il renvoie à une esthétique à objectif malsain, visant à répéter encore et toujours les mêmes plans, les mêmes tares, et les mêmes erreurs. Pour moi, « académique » renvoie à un film sans ambition, et inscrit dans le schéma actuel du cinéma mondial, à savoir une industrie visant à gagner toujours plus, alors que le public est de moins en moins présent dans les salles. « Académique » renvoie à un cinéma sans création ni inventivité, recroquevillé dans son petit monde de simplification et de banalisation, consacré par de pseudo-intellectuels, de pseudo-cinéphiles et par son propre esprit prétentieux et pédant.

Vous trouvez ensuite, comme le Fossoyeur, que l’interprétation de Cumberbatch est brillante. Dans ma critique que je vous invite à relire, puisque vous ne l’avez pas comprise, je dis que son interprétation était pitoyable. Pitoyable, exagérée, pathétique et je vous laisse encore chercher d’autres termes tout aussi mélioratifs pour le qualifier. Je n’aime pas Cumberbatch, et comme Knightley, je l’exècre et je le vomis. Lui, l’Homme appelé aux Oscars, ce Sherlock du dimanche, ce pseudo-génie du cinéma, n’est rien d’autre qu’un monstre tout aussi lassant que le cinéma de divertissement moderne.

Le Fossoyeur dit ensuite qu’il n’a pas compris ce que voulait faire Tyldum. Je prétends l’avoir compris, et je dis que c’est minable. Pourquoi ? Parce qu’il est écartelé entre son désir de faire du chiffre, d’impressionner un public crédule et raconter une histoire ultra-complexe. Tyldum est un manchot de la caméra, et c’est de plus un réalisateur sans aucun talent, sans aucune conscience, qui a fait un film dont l’absence de génie, de créativité et de présence est tout aussi frappante.

Le Fossoyeur dit que la dramaturgie « attaque ». Je dis qu’elle est pitoyable. Pitoyable, ennuyeuse, et lassante. Je me fais chier devant Tyldum alors que je me plais devant Godard, devant Tarkovski, devant Ozu, devant Bresson, devant tous ces réalisateurs au rythme cinématographique aussi lent que votre esprit déductif, et je m’ennuie devant Tyldum. Où est le problème ? Je laisse votre brillante déduction chercher.

Le Fossoyeur finit sa vidéo en disant que le film est « sympathique » et que son avis général est « très bon ». Encore une fois, je m’y oppose catégoriquement. Ce film n’est pas sympathique, il est stupide et niais. Mon avis général n’est pas « très bon » (visiblement, il faut citer quelqu’un pour exprimer un avis, je vous demande donc de faire de même à l’avenir dans toutes vos interventions), mais « très nul ». Que dire de plus ? Rien.

Maintenant que je vous ai montré que mon avis était en divergence totale et radicale avec la vidéo du Fossoyeur (vidéo d’ailleurs assez plaisante à regarder malgrè les petits tics des commissures de la bouche du Fossoyeur), je vais répondre à votre aimable courrier, et je vais vous montrer ce que j’en fais.

Si vous avez envie de montrer « un film plein de bonne intention, avec un but clairement pédagogique, et un Benedict Cumerbatch à coupé le souffle dans ce rôle » (je vous cite, avec les fautes, donc pas de plagiat de mon côté, mais on pourrait parler de vos arguments assez proches pour le coup de ceux du Fossoyeur), je préfère continuer à voir « un film pauvre en action, pleins de banalisation de faits historique et devant lequel on « se fait chier à mourir » » (citation de nouveau, avec les fautes). On pourra dire que je suis un sale petit critique prétentieux et arrogant, mais dans ce cas, je préfère être tout cela qu’un bien-pensant. Personnellement, je ne pense pas être tout cela. Je pense être un critique avec un minimum d’envie et d’ambition théorique, pour montrer que ce film est l’assassin et est l’un des assassins du cinéma d’art et d’essai.  Je laisse maintenant parler Enzo dal Fitto : « Qu’on trouve le film bon ou mauvais, cela passe au second plan. Le problème est un système qui ne fait que copies sur copies ». Comment mieux exposer les faits ? Allors, je suis peut-être un petit critique prétentieux de merde, mais je m’oppose et je me détache de ce système d’abrutissement culturel et de nivellement vers le bas. Philippe Souppault aurait dit : "Né révolté comme d’autres avec les yeux bleus ".

Vous dites ensuite que nous parlons de banalisation. C’est tout à fait vrai. Mais vous dites ensuite que la machine ne s’appellait pas Christopher. Ce n’est pas de la banalisation, c’est une erreur. Et merci de m’avoir fait remarquer que ce film, en plus de banaliser des événemens historiques complexes, fait des erreurs, peut-être de bon goûts, mais des erreurs quand même. Dommage quand on prétend faire un biopic. Une goutte plus une goutte font une plus grosse goutte. Une erreur plus d’autres erreurs font un navet, une erreur en soit.

Vous justifiez ce propos en disant que tout est secret défense. Tiens, Fossoyeur, comme on se retrouve !

« Résumé 41 ans en 114 minutes, ce n’est pas une chose simple ». Je peux confirmer, surtout quand on a un esprit aussi étroit que celui de Tyldum, « qui se sort très bien de cet exercice malgrè quelques incohérence ». Nous n’avons pas du voir le même fim, et je maintiens que des incohérences dans un biopic sont indéfendables. Si Tyldum veut faire des incohérences, qu’il aille écrire chez Télérama ou pour des enfants de 6 ans, mais qu’il ne fasse pas des films « grand public ».

Vous énoncez ensuite d’autres arguments, mais j’y ai déjà répondu plus haut, alors ne nous répétons pas et passons tout de suite et sans plus attendre aux « plans de caméra ». Les plans sont vraiment « très classiques ». Ils sont plus que classiques, ils sont suicidaires. « Le réalisateur a décider de rester simple et c’est sûrement tant mieux ». Alors là non, c’en est trop. L’assassinat de l’audace cinématographique, l’assassinat de l’art cinématographique, l’assassinat d’une idée du cinéma, l’assassinat du cinéma, c’est un scandale. Et quand justement, votre système nihiliste et insipide aura réussi à détruire la moindre petite tentative d’art au cinéma, le cinéma sera définitivement mort. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas, alors s’il vous plaît un peu d’audace, et je peux vous dire qu’il faudra notre mort à tous, nous, aux Sentiers du Cinéma, avant que cela n’arrive. Je préférerais toujours une merde avec de l’ambition qu’une rose sans couleur.

 Nous revendiquons un cinéma d’art, nous revendiquons un combat contre un système, et ce combat se fera au-delà de nos avis sur tel ou tel film. La critique pour la critique ne sert à rien. La critique pour la critique n’est utile que quand elle revendique quelque chose. Nous revendiquons ce quelque chose. Nous revendiquons un combat contre un système qui vise à tout détruire. Et cela est bien plus important que des menaces de plagiat, mais il faut y répondre, et je continuerai à le faire, de la même façon, avec autant d’acharnement et de violence, quoi qu’il arrive, car je défends une cause, un combat, un idéal.

« Je vous conseille ce film (…) si vous aimez les petites histoires de l’Histoire ». Merci pour cette conclusion digne d’un magazine pour enfant, et à bientôt sur nos bas côtés.

 

Alexandre Javal-Evel

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