DRIVE - NICOLAS WINDING REFN

Synopsis : 

 
Un jeune homme mystérieux, le « Driver », conduit de jour en tant que cascadeur et de nuit en tant que chauffeur pour des criminels. Mais sa routine bascule le jour où il rencontre Irène et son fils Benitio. Sa sympathie pour eux va le faire sombrer dans une spirale de violence pour assurer leur protection
 

Critique :

 
L’histoire commence sur une scène qui donne parfaitement le ton du film : Le personnage central est parfaitement présenté, le rythme est lent et la réalisation élégante. Ces deux éléments resteront constants tout au long du film, qui conserve une esthétique superbe au prix de quelques longueurs. 
Au contraire, le rythme de la narration est très rapide. Les longs plans et les ralentis peuvent ainsi sembler parasites, mais se révèlent en réalité très appréciables, et imprègnent le film d'une aura unique. C'est la le premier aspect qui démarque Drive des autres productions du genre.
Le second élément vient des personnages, parfaitement développés et maîtrisés, à la fois simples, mais jamais caricaturaux. Le personnage le plus saisissant reste bien évidemment l’énigmatique Driver. En effet, il reste très difficile à aborder tout au long du film: aucune information n’est donnée sur lui, et son nom n’est jamais révélé. Il est simplement inexistant émotionnellement jusqu’à sa rencontre avec Irène. Même l’attachement que le Driver développe pour elle – pourtant un point central du film- n’est jamais exprimé. Le seul moyen de décrypter ce personnage silencieux vient de ses actions, qui justifient ainsi la violence du film: l’amour tacite du Driver, plutôt que d’être exprimé par des phrases, est montré par les risques pris par le Driver pour Irène. Ce protagoniste singulier donne tout son intérêt au film, et devient très attachant malgré le fait qu’aucune information n’est donnée sur lui : le Driver existe à travers ses actes et à travers les autres, et non à travers son passé ou même à travers sa personne. Toute l'empathie que l'on ressent pour lui vient principalement de sa vulnérabilité: si le personnage est mystérieux et calme, il n'en reste pas moins faible face au déchaînement de violence qu'il déclenche. Si cette image classique de l'homme "ordinaire" confronté à la violence du crime est peu originale, elle permet ici d'humaniser le Driver qui, sans celle-ci, resterait pour beaucoup un protagoniste sans âme
 
Drive est donc un film parfaitement maîtrisé et réussi. Reposant sur des bases classiques, il parvient à surpasser les autres métrages du genre grâce à son esthétique et à ses personnages. Cependant, le film n’évite pas quelques longueurs qui pourront déranger certains spectateurs, mais que les autres lui pardonneront aisément au vu de la qualité générale de l’ensemble.