Birdman - Alejandro González Iñárritu

Synopsis

Riggan Thomson, acteur devenu célèbre pour avoir incarné un super-héros hollywoodien, a sombré dans l’indifférence. Soucieux de s’élever au-dessus du monde comme il le faisait jadis, il monte une pièce de théâtre à Broadway.

 

Critique

Une nouvelle étoile du cinéma réflexif est née ! Alors que Barton Fink quittait New York pour sombrer dans la médiocrité et la folie d’Hollywood, Inarritu oriente son personnage dans le chemin inverse. Il nous offre une facette inédite de la vie d’un comédien. Si l’ego incommensurable de l’acteur avait déjà été traité dans des films mythiques tels que Sunset Boulevard de Billy Wilder ou La nuit américaine de François Truffaut, la réputation et le désir de renaissance n’avaient fait l’objet que de peu de films. Birdman ne s’égare jamais dans une atmosphère puérile de compétition avec son évolution traditionnelle comprenant une montée pleine d’espoir et de bonnes intentions, parsemée d’obstacles mais débouchant pour le plus grand bonheur du spectateur aux résultats espérés… Non. Le spectateur débouche sans préavis dans une course malsaine vers la gloire. Riggan cherche une reconnaissance, mais perd l’estime de ses proches. Il en vient à dire que sa carrière est ce qui compte le plus devant sa propre fille qu’il a d’ailleurs poussée indirectement vers la drogue du fait de son absence.  Il tourne en rond dans une loge poussiéreuse et désordonnée tout comme Barton Fink passait ses journées devant sa machine à écrire muette dans sa chambre d’hôtel miteuse. Il se bat avec un de ses comédiens l’ayant « écarté » de la rubrique culture d’un journal local… Riggan ne fait certainement pas parti du schéma traditionnel cinématographique de la montée vers la gloire. Il n’a rien à voir avec Esther Blodgett (Janet Gaynor) de A Star is Born ! De plus, la fin ne reflète pas les combats qu’a menés Riggan tout au long du film. Elle correspond à une envolée pleine de liberté que le spectateur a le loisir de qualifier de littérale ou non.

 

Birdman est sans contester un film à Oscars. La mise en scène est véritablement brillante et le « faux » plan-séquence composant à quelques minutes près l’intégralité de l’œuvre est une prouesse technique. Bien que déjà expérimenté sur de longues durées, le plan-séquence n’avait jamais été poussé jusqu’à un tel niveau. Malheureusement le « faux » qui lui est rattaché à cause de certaines transitions travaillées en montage, résonne malgré l’ampleur du travail. Le jeu des acteurs qui ont dû s’adapter à un rythme de tournage effréné n’est pas moins talentueux. On peut saluer la prestation de Michael Keaton dont la carrière est mise en abîme. On assiste même à un emboîtement puisque Riggan Thomson incarne lui-même un personnage le reflétant dans sa pièce. Edward Norton interprétait un personnage particulièrement exigeant. Entre aisance sur scène et mal-être dans les coulisses sans plonger dans une parfaite dualité, l’équilibre était subtil, mais Norton a su créer un personnage crédible. Le film ne cesse de pétiller au rythme des percussions, s’accordant de courts instants de repos. Les personnages sont presque toujours en mouvement et les répliques ne cessent de cingler. Il en résulte une banalisation vers la moitié du film qui demeure malgré tout jouissif (pour reprendre une qualification à la mode). Des fragilités scénaristiques se dessinent alors sans que le film perde sa cohérence. Ce rythme, ces acteurs, cette mise en scène, tout est susceptible de séduire le public. Sans compter que le discours d’Inarritu est plein d’assurance. Un jeu avec le spectateur s’instaure. La scène où l’imagination de Riggan explose s’adresse très clairement au public et elle se montre insistante, voire même insultante. Les propos ne pouvaient pas être plus affirmés ! Sans doute qu’Inarritu désirait, à l’image de son héros, se voir acclamé comme sauveur du cinéma américain. Sans pouvoir le lui accorder, il faut avouer que tout converge pour que le spectateur soit conquis… et il finit par l’être ! Seul les esprits les plus acharnés résisteront. 

 

Conclusion

Inaritu signe indéniablement son chef d’œuvre avec un film profondément inscrit dans son temps, techniquement recherché, détenant une ambiance irrésistible et un panel d’acteurs doués. Les quelques instants de redondance du scénario sont vite oubliés.  

 

Matthew Coen

 

 

Birdman - Alejandro González Iñárritu

Efficace sans grimace.

Court.
Direct.
Efficace.

Cela aurait etait parfait pour beaucoup de film mais pour notre homme oiseau, une ou deux grimace de style serait bien !
Ceci dis, tout est dis. Une écriture qui tire, qui ne raconte pas sa vie. Rare et très instructif.

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