Balada Triste - Álex de la Iglesia

Synopsis :

Javier, un clown blanc, commence sa carrière dans une troupe de cirque, férocement dominée par l’Auguste, Sergio, qui se révèle cruel et instable. Une rivalité naît bientôt entre les deux hommes, qui convoitent tous deux l’acrobate Natalia

 

Critique :

Dans le monde du cirque, on trouve le clown blanc, triste, et l’Auguste, joyeux. Alors dans quel registre se place ce film italien ? Je vous le donne en mille, il se tient fièrement le cul entre deux chaises !

L’aspect comique, même s’il est présent, reste très léger tout au long du film, tout en l’entravant d’une lourdeur sans nom. On retrouve donc quelques traits burlesques, absurdes et pathétiques (dans le mauvais sens du terme), qui n’ont strictement aucune utilité dans le film. A trop vouloir jouer l’ambivalence, le réalisateur force le trait comique et alourdit inutilement son film

En revanche, l’aspect tragique est bien plus présent, et plein de bonnes idées. Hélas, cela ne suffit pas. Le film s’embourbe donc dans une intrigue éparpillée, qui ressemble plus à un pot-pourri d’ébauches plutôt qu’à un véritable scénario. La base de la guerre civile, qui prend une importance démesurée dans le synopsis « officiel », est bâclée en un quart d’heure, sinon moins, sans offrir un semblant d’utilité, sinon à construire le personnage de Javier. Et « construire » est un bien grand mot, car c’est bien le majeur problème du film : un drame doit s’appuyer sur des personnages crédibles, profonds. Mais le réalisateur crie « non ! », et ainsi s’effondre tout l’aspect dramatique du film. Le personnage le plus énervant restera sans doute Natalia qui change de bord un nombre incalculable de fois. S’il est courant de voir un cœur partagé entre deux amours, il est toutefois nettement moins crédible d’être tantôt horrifiée, tantôt follement amoureuse d’un prétendant, puis de l’autre. Et pourtant la potiche en question tombe à répétition dans les bras de Sergio, puis de Javier, puis de Sergio, puis de Javier,… Ces derniers sont par ailleurs très inégaux : si Sergio parvient à être vraiment inquiétant et ambivalent, Javier (pourtant le protagoniste) se perd dans les méandres de la folie mal écrite et mal introduite, pour devenir un personnage transparent, inintéressant, et surtout, antipathique.

Les quelques bonnes idées évoquées précédemment (le « maquillage » de Javier, la scène finale) sont diluées dans l’absurdité forcée et le dramatique raté du métrage, qui ne suscite ni le rire ni les larmes. Le film échoue lamentablement, la faute à un trait burlesque trop appuyé et à des personnages minables, qui ne parviennent jamais à susciter la moindre émotion. Le peu de réflexion qu’offre le film est amené avec une finesse pachydermique qui gâche le propos et embourbe encore plus le film.

Balada Triste est l’exemple type du film au potentiel énorme, qui se retrouve gâché par une écriture lamentable. La seule émotion que ce « drame » parvient à susciter est la frustration de voir ce qu’aurait pu être le film s’il avait été écrit par quelqu’un de compétent

 

James Moriarty

Balada Triste - Álex de la Iglesia

Aucun message nʼ a été trouvé.

Nouvel avis