Angus & Julia Stone - Angus & Julia Stone

Angus & Julia Stone

Angus et Julia Stone sortent enfin leur troisième album, intitulé sobrement par le nom des artistes eux même. Le style de ce dernier album est bien différent de celui de Down The Way et je suis d'ailleurs étonné qu'une grande majorité de la Critique n'ait pas relevé ce changement pourtant assez évident. Le Big Jet Plane s'est bel et bien envolé pour emmener le frère et la sœur Stone dans un monde complètement différent, où folk et rock se mêlent maintenant à parts égales. 

Critique

Quand l'album vient à commencer, on regarde à droite, à gauche et encore à droite de façon très rapide puis on vérifie que c'est bien Angus et Julia Stone qu'on écoute. En effet, le son des guitares n'est plus acoustique. Loin de là. Les guitares sont maintenant électriques. Le son délicat de Yellow Brick Road par exemple, a bel et bien disparu. Ces constats sont à faire tout au long de l'album, mais plus particulièrement sur des titres comme A Heartbreak, All This Love ou My World For It, et de manière beaucoup plus évidente sur Death Defying Acts - qui doit être le meilleur morceau de l'album - puisque les Stone utilise presque du Larsen.

À relever également les voix de Julia et d'Angus. Celle de la sœur ne varie pratiquement pas en comparaison des précédents albums.  En revanche celle de son frère a bien changé. Elle est beaucoup plus mature et plus articulée qu'avant : on comprend enfin ce qu'il veut raconter dès les premières écoutes (le meilleur exemple à donner, je pense, est All This Love).

Néanmoins ces changements ne cachent pas les quelques carences du groupe, à savoir un manque d'imagination assez problématique quand il s'agit de faire un album de 72 minutes. Je reproche également à Angus et Julia Stone leur musique qui reste finalement bien trop gentille. Tout est trop bien en place, trop lisse, trop sage, et rien ne déborde. J'en arrive à avoir l'impression qu'ils auraient peur de faire trop de mal au monde avec une musique plus agressive, ou de ne plus être en phase avec l'image raffinée et pop que la société s'est faite d'eux. Au contraire, si je les connaissais, je les exhorteraient à faire mal, et à faire voler en éclats la vitre qui semble encore les séparer de leur musique. 

Après le succès retentissant du premier album, les Stone jouissent d'une cote de popularité assez élevée et ils pourraient s'en servir, comme Yann Tiersen l'a fait après la B.O. d'Amélie Poulain, pour essayer de transformer ne serait-ce qu'un peu leur architecture musicale. Mais non. Pour moi, les Sydneysiders ne se préoccupent pas de l'essentiel, c'est-à-dire innover réellement, et préfèrent stagner dans ce qu'on pourrait commencer par appeler une nonchalance involontaire.

En effet, tous les titres se ressemblent, et si je devais les noter un par un, les résultats se situeraient pour chacun entre 5 et 6. Ni plus, ni moins. Les compositions du groupe sont certes agréables à écouter mais sans véritable intérêt musical. Les titres se répètent dans un enchaînement sans accroc, sans que rien ne vienne attirer l'oreille à réécouter un titre ou ne serait-ce qu'un passage.

Conclusion

Si je suis si dur envers les musiciens de chez EMI - l'ex major du disque  (encore une preuve de l'envie de faire vendre) -, c'est que je ne sais plus sur quel pied danser avec le frère et sa sœur. J'ai d'abord déploré le côté trop commercial du deuxième album (on avait entendu Big Jet Plane tout l'été) et aujourd'hui, je déplore le côté trop académique du dernier. Mais il y a quand même du bon dans cet opus : une ambiance toujours aussi plaisante et les débuts de dissonance dans, par exemple, From The Stalls. Je conclurai donc la critique de cet album par les termes suivants : volontairement bon mais naïvement inoffensif.

 

Alexandre Javal-Evel

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